Préparation & plan

Niveaux de Préparation

 Certains survivaliste se font appeler "Preppers" puisque l'activité principal du survivalisme est de se préparer à gerer ou assurer sa survie face à une situation anormale. Dans une "échelle d'autonomie", on peut distinguer 6 différents degrés de préparation qui corresponderont à un certain niveau d'autonomie.

  • Niveau 1 : Autonomie Physique (hygiène et sport) 
    Le  corps est le premier outil. Veiller à son entretien est fondamental.
    Un survivaliste maitrisera un minimum la plupart des sports renforçant l’autonomie : marche, course, escalade, natation, art martial (généralement Krav Maga ou Systema) et pratiquera au moins une de ces activités régulierement. Pas besoin d’être un athlète, des performances honnêtes sont suffisantes.
  • Handicapped Accessible sign.svgUn handicap, par définition, sera un sérieux frein à l'autonomie, dans ce cas il faut organiser; si possible un système alternatif et controlable. Un cornet accoustique en plus du sonotone, un fauteuil roulant non electrique en plus de l'électrique, 2 paires de lunettes incassables en plus de la paire de kéké ou des lentilles de contacts, connaitre la composition de ses médicaments et leur "équivalents" naturels etc ... ce ne sera pas toujours possible, ce sera difficile, mais c'est ça la survie et concernant son aspect mental, les handicapés ont souvent une longueur d'avance.   
 
  • Niveau 2 : Autonomie Quotidienne  (EDC)
    Toutes ces choses et techniques que l’on devrait ne jamais avoir abandonnées : avoir un kit de premiers soins, un vélo et savoir l’entretenir, un kit de couture, une petite lampe, une petite réserve d’eau et nourriture etc … Un survivaliste assumé emmène l'essentiel dans son "EDC" (Every Day Carry) dans un sac à dos type daypack. L'EDC lui même peut tenir dans une petit pochette, le niveau 0 de l'EDC c'est "Fric, Phone, Clés".
    Il n'y a pas un EDC Type, il varie selon les personnes, leurs priorités, leur moyen de transport, leur métier, leur condition médicale etc ... On peut juste constater la récurrence de certains objets: un couteau ou mutitool, une lampe (tactique ou frontale), un briquet ou Flint et le minimum concernant les soins et l'orientation.edc.jpg
    Exemple (le mien, je vis en ville, suis souvent à vélo): Multitool Leatherman Wingman, multitool pour vélo, Fenix LD10 (plus attache vélo), 1 Quickclot (je suis en ville la plupart du temps donc la seul urgence possible avant l'arrivée des secours c'est de devoir arrêter une hémoragie), quelques serre-cables, un petit briquet Bic, un Flint (c'est inutile mais j'aime bien), 2 m de duck tape enroulé sur lui même, de l'aspirine, des boules Quies, une mini batterie de secours pour mon téléphone, un mousqueton, un mini thermomètre/boussole. En plus de cette pochette, j'ai une veste Lafuma en GoreTex XCR avec un bonnet qui tient compactée dans un petit sac, une gourde, quelques barre de céréales et une paire de lunette de soleil. C'est le minimum. 
 
  • Niveau 3 : Autonomie Totale   (Camping sauvage)
    Etre capable de vivre et se déplacer en autonomie complète au moins quelques jours et acquérir des connaissances plus poussée dans les domaines du: traitement de l’eau, maitrise du feu, cuisson, isolation, abri, orientation et construction. Ainsi que de disposer de vêtements techniques, sac de couchage, tente, Poncho, vrai couteau, gamelle, gourde. La meilleure école possible, c'est le camping sauvage.
 
  • preparation.jpgNiveau 4 : Survivaliste   (stock de nourriture, BOB et plan d'évacuation)
    Beaucoup de personnes atteignent le niveau précédent sans se considérer comme survivalistes. Vous pouvez donc vous considérer comme survivaliste dés lors que vous considérez une catastrophe de grande ampleur comme possible et agissez en conséquence : avoir un plan, de petites réserves de produits stratégiques et un Bug Out Bag ("BOB": sac type randonnée ou base camp avec l'essentiel pour l'Autonomie Totale de moyen terme).
    Pour les reserves de nourriture: minimum 3 jours (délai moyen d'arrivée des secours durant une catastrophe d'ampleur moyenne) idéalement 3 mois (délai avant de s'évacuer si la situation ne peut s'améliorer) voire plus.
       
  • Niveau 5 : Autonomie Globale   (BAD)
    Etre préparé à 99% pour une catastrophe : Véhicules d’évacuation, stocks d’armes, réserves de nourriture pour plusieurs mois, Base Autonome Durable etc ... 
 
  • Niveau 6 : Autonomie Civilisationelle
    Vous êtes prêt à 100% à survivre et vous pensez déjà à rebâtir la civilisation (ça arrive à des gens biens :) donc stockage massif d’information, connaitre et protéger architectes, médecins, juristes etc ...
 
 
Le Bénéfice Espéré (probabilité d'une catastrophe  * Energie dépensée à s’y préparer) n’est plus très intéressant à partir du niveau 4, surtout si vous êtes seul et sans gros moyens. Shématiquement et à la louche, ca donnerait ça:
Niveau Investissement Indépendance
0 0% 0%
1 1% 10%
2 2% 40%
3 5% 60%
4 6% 75%
5 100% 95%
6 500% 98%

On peut voir l'investissement comme le pourcentage d'un SMIC sur une base mensuelle et le taux d'indépendance comme le pourcentage de situations anormales gérables sans aide extérieure.

Exemple: Niveau 1, indépendance physique, coûte l'abonnement a un club de sport et/ou le temps et le matériel etc ... +/- 10 Eur par mois. Ce niveau pemet de gerer 1 situation anormale sur 10. Pas de bus ? on marche 10 km, pas besoin de taxi. Mais il ne faut pas qu'il pleuve trop ou qu'il fasse nuit. Au niveau 2, même cumulée, la pluie et l'obscurité ne seront pas un problème puisqu'il y'a une veste gore-tex et une lampe dans l'EDC. 

Si j'étais un vicelard et inutile consultant, j'aurais fait des courbes pour l'utilité quotidienne et l'investissement et elles seraient croisées au niveau 4.  

Par ailleurs, ceux qui vivent à la campagne, même sans gros moyens, peuvent facilement atteindre des niveaux intermèdiaires entre le niveaux 4 et 5. 

Atteindre le niveau 4 est facile, agréable, peu couteux (si on réintègre les bénéfices quotidien), utile tous les jours et pourrait faire une vrai différence si une catastrophe venait a se produire. Pour un urbain sans gros moyen atteindre ce niveau et largement possible alors que les niveaux supérieurs sont inaccesibles, mais bonne nouvelle:

Les niveaux 5 et 6 peuvent être remplacés par un plan    

  

Plan

"Quand les politiciens et les médias vous répètent en boucle de ne pas paniquer, c'est le moment de commencer à courrir"

 

Le niveau 5 permet de faire face à des situations de chaos extrème dans un confort relatif. Il intègre des stratégies de stockage et d'évacuation complexes avec la logistique associée. Toutefois, si l'on exclut ladite logistique il reste un élément fondamental, surtout pour un urbain: l'évacuation.

Avoir un plan, pour un urbain pas trés riche, c'est savoir quand, comment et où s'évacuer. 

  • Préparatifs basiques : avoir une vingtaine de litres d’eau, quelques semaines de nourriture (un plan pour la cuire ! bruler le parquet peut faire l’affaire), une corde/harnais si vous êtes en immeuble, un bon système pour fermer la porte et si possible connaitre quelques personnes dans le même esprit que vous.  Egalement avoir un systeme de transport pret (si vous avez une voiture, essayez de stocker/cacher au moins 20 L litres d essence quelque part).plan-2.jpg
  • Pré phase : Si une catastrophe est imminente  (la télé répète en boucle de pas paniquer) et qu'il n y a pas de raison de rester plus longtemps, passer directement à la phase d’évacuation (avant les mouvements de panique), sinon, renforcer les préparatifs basiques (eau, nourriture, livres, BOB et surtout moyens de communication indépendants pour vos contacts), retirer le plus de cash possible a la banque.
  • Phase 1 - Choc : Se terrer chez soi, laisser passer la tempête. Il faut pouvoir tenir au moins 2 semaines. Ecouter la radio et réviser les techniques de survie (il est temps de lire les tonnes de pdf téléchargés et prendre des notes: voir le paragraphe connaissance). 
  • Phase 2 – Evacuation : Si la catastrophe est la fameuse "Fin du monde tel que nous le connaissons", la situation des villes ira en s’empirant … dans les deux semaines après le choc, la situation devrait être plus calme, en état post traumatique … si vous n'avez pas votre BAD (Base Autonome Durable) c’est probablement le meilleur moment pour s’évacuer vers une "BOL" (Bug Out Location).
    On peut en identifier trois types: 
    Les BOL primaire peuvent etre une chambre d'hote dans un village isolé, voire un hotel ou un camping. Vos reserves de cash permettront d'acheter la confiance des maitres des lieux les premiers jours. Une fois qu'ils comprendront que cet argent leur servira moins que votre préparation, meme mininale (niveau 4), vous passerez automatiquement a la phase 4 du plan.
    Les BOL secondaire sont des lieux propice a la survie de moyen terme au cas ou la tentative de s'incruster dans une BOL primaire échoue. Eventuellement y laisser a l'avance un peu de gros matériel pas cher genre bidon, hache, bache, couverture. Ca peut être votre endroit de camping sauvage préféré par exemple. En matière de réperage Google Earth est notre ami.
    Les BOL tertiaires = "squatt". L'environnement des BOL secondaires comportent souvent des résidences secondaires de riches citadins qui n'auront pas eu la présence d'esprit de s'évacuer et qui ne reviendront probablement jamais. Paradoxalement, si la situation globale empire, les BOL tertiaires ne manqueront pas, ca sera a qui plantera son drapeau le premier.
    Il est bien question d'enfreindre le sacro saint droit de propriété privé, mais vous pouvez toujours vous dire que si un légitime propriétaire reviend, vous le dédommagerez et vous rabatterez vers une autre BOL. Malheureusement, si vous en etes la, c'est que vous risquez de devoir gérer des problemes plus compliqués que votre cas de conscience.
    Si possible: avoir plusieurs BOL primaire et secondaire, éloignées des gros axes routiers, repérer les points d'eau sur la route, avoir une carte de la région, etre éloigné de 400km des grosses aglomérations et des centrales nucléaire. 400Km est une estimation pour ésperer un minimum de tranquilité: la plupart des gens n'ont pas leur reservoir plein et n'iront pas plus loin. De plus ca reste faisable a pied ou en vélo...  
  • Phase 3 – Survie : la BOL secondaire ideale sera un endroit isolé et riche en ressources naturelles, avec si possible, un édifice abondonné (cabanne, église, ruine etc ...) . Là il faudrait être capable de tenir 6 mois et de faire du repérage pour la Phase 4 (réviser les technique de camouflage et d’observation).  

  • Phase 4 – Regroupement : Il n’est pas question de survivre seul. Seul dans la nature, même avec un bon niveau de préparation, personne ne tient des années (une blessure, une carie, une diarrhée, même un rhume et les chances de survie s’effondrent). Il va falloir se mettre en quête de communautés organisées et accueilliantes: ces gens qui avaient les moyens de se préparer (riches survivalistes niveau 6) ou ruraux qui se sont adaptés. Il est probable qu’ils recherchent des personnes capables de survivre.

Bien évidement, si des réseaux durables de solidarité se mettent en place (j'ai du mal à y croire), que la situation peut s’améliorer, etc … il ne faudra pas hésiter à modifier le plan en conséquence. En plein Paris il faudra cogiter un peu plus sur la phase d’évacuation. Et surtout, toujours, connaitre des personnes au même niveau de préparation que vous. Personne ne survivra seul dans une fourmilière d’humains affamés ou dans la nature. Connaitre du monde, avoir son ''clan", son reseau de solidarite alternatif et en fait l'élément le plus important pour la survie. 

Il s’agit d’un plan basique pour le pire du pire, qui n’arrivera probablement jamais, je considère qu’il est suffisant et qu'il est tres probable qu’on aie le temps de voir venir un minimum pour le fignoler. Comme on dit: qui survivra verra Sourire.

 


Commentaires (4)

1. Nicolas 13/02/2013

Merci pour cet article !!!
Trés utile au tout jeune "niveau 4" que je suis !

2. JB 12/11/2012

C'est une révélation pour moi car je découvre que sans le savoir je suis au niveau 4 du survivalisme.
Je me découvre être un survivaliste qui s'ignorait depuis des années.
Je pensais être un original et je suis trés soulagé de constater que cette façon de penser est partagé par de nombreuses personnes.

3. David 26/09/2012

Article super intéressant! Je vais bosser un peu mes PDF ,)

4. Ari 28/05/2012

Bonne analyse !

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